L’échec des inséminations

Après quatre ans de tentatives naturelles nous avons recours à la PMA de Créteil, avant tout ça je ne connaissais pas la différence entre fécondation in vitro et insémination.
Le médecin nous informe que nous allons tenter des inséminations artificielles, 4 maximum et qu’en cas d’échec nous passerons à la fécondation in vitro.
Les inséminations consistent  à vous amener par des injections d’hormones à une ovulation et à vous transférer au moment le plus propice le recueil de sperme de votre conjoint.
Pendant 4 ans donc, avant la PMA j’espérais chaque mois que j’allais tomber enceinte et j’avais souvent une énorme déception quand je voyais que ce n’était pas le cas. En même temps je n’étais pas non plus désespérée, j’étais déçue, triste mais je restais positive, mon mari avait déjà deux enfants en garde alternée et j’avais bien conscience qu’avec  l’arrivée d’un enfant on aurait moins de temps pour nous, moins de liberté alors je me consolais comme ça, j’essayais de voir mon verre à moitié pleins.
Les inséminations ont changé ma façon de voir les choses, cette une période qui était vraiment difficile.
J’étais persuadée que ça marcherait sans problème qu’on avait juste besoin d’un petit coup de pouce. Ça marchait pas…ça se passait toujours de la même façon on faisait l’insémination, et quinze jours plus tard une infirmière m’appelait et me disait «  bonjour Mme , je n’ai pas une bonne nouvelle a vous annoncer… » J’avais de plus en plus de mal à l’accepter, j’ai même été un peu agressive une fois avec l’infirmière en lui disant que ce n’était pas possible et je n’avais pas réussi à retenir mes larmes avant de raccrocher. J’y croyais à chaque fois j’avais beau me dire qu’il fallait garder la tête  froide qu’il ne fallait pas s’emballer, chaque fois j’ai cru ressentir des symptômes de grossesse, des nausées, les seins douloureux.  Je faisais des tests de grossesse 5 jours après et tous les jours jusqu’au résultat  tout en sachant que les hormones que j’avais prises pouvaient faire des faux positifs. Ma famille attendait chaque fois le résultat, je leur annonçait par sms , il me fallait quelques jours pour pouvoir en parler, pour pouvoir réussir à encaisser sans les envoyer balader les « tu y penses trop, tu verras un jour tu n’y penseras pas et c’est là que ça arrivera » ou encore « oh mais tu sais pour n’importe quel couple c’est déjà un petit miracle », ou encore ces personnes qui ne sont pas enceinte au bout de 6 mois et qui se compare à toi.
Quand j’y pense j’étais vraiment désespérée, je continuais d’y croire même quand l’infirmière m’avait appelé pour me dire que ce n’était pas pour cette fois, je me disais que c’était peut-être une erreur, la preuve je n’avais pas mes règles ce qui était normal et je le savais parce que j’avais des ovules de progestérone jusqu’au test de grossesse qui empêchent le retour des règles.
Le pire je crois c’était la quatrième insémination, je reçois le fameux appel de l’infirmière qui me dit qu’elle ne sait pas si je suis enceinte, elle me laisse entendre que c’est peu probable mais que mon taux d’hormone est trop élevé pour un négatif et trop bas pour un positif. J’ai dû refaire une prise de sang 48 h après, j’avais eu un début de grossesse mais l’embryon n’avait pas tenu. Ça devait être la dernière insémination et on devait passer à la fiv j’en avais marre je voulais changer de méthode mais face à cette presque grossesse le médecin qui s’occupait de mon dossier avait décidé d’aller jusqu’à 6 inséminations avant de passer aux fiv. Je n’en ai accepté qu’une cinquième. De plus il faut savoir que c’est très fatigant, les prises de sang, les écho se font très tôt le matin, la plupart des femmes travaillent après et on passe dans l’ordre d’arrivée, d’abord la prise de sang puis on attend pour l’écho endo-vaginale l’interco de créteil était assez loin de mon lieu de travail, mon mari venait avec moi, on arrivait là bas vers 6h30 pour avoir une chance de passer les premiers alors que ça n’ouvre qu’à 7h ou 7h30 je ne sais plus…parfois vous vous êtes levés à 5h30 vous avez fait vos examens votre journée de boulot et on vous dit ce soir il faut avoir des rapports sexuels…..
J’étais malheureuse à cette époque, je faisais tout pour le cacher je disais à tout le monde que si ça ne marchait pas je me ferais une raison qu’il y avait pas que ça dans la vie qu’heureusement pour moi y avait pas que la maternité qui donnerait un sens à ma vie…. je me sentais mal, je fuyais les femmes enceintes j’arrivais plus à faire semblant , j’avais du mal à les féliciter, à être sincèrement heureuse pour elles (au moment de l’annonce, après je m y faisait:-)),  c’était pas de la jalousie c’était de la tristesse je voulais sentir la vie en moi, je mourrais de l’intérieur.
A suivre : La fiv

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