Je le revois me tenir la main, un homme, son bleu de travail,  sa chemise à carreaux, une petite fille, une robe, une queue de cheval, des petites bottes blanches  pour traverser le terrain des moutons, c’est par la qu’on arrivait chez mon arrière-grand-mère. On passait le portail on longeait le petit chemin et nous arrivions dans cette maison normande typique, longue, blanche,  aux  poutres noires. Mon arrière-grand-mère était toute petite, on la trouvait souvent dans son jardin, jusqu’à plus de 80 ans elle avait continué à semer et récolter ses légumes,  elle avait eu huit enfants plus un, elle vivait avec  son fils adoptif (dernier)  , un vieux garçon qui vit encore dans cette maison. Mon arrière-grand-père avait-il conçu la maison pour son épouse ? les fenêtres étaient très basses typique également sans doute de ce type de maison ? je ne sais pas mais  petite,  cette maison avait pour moi  un petit côté fantastique, elle était atypique ….Mon arrière-grand-mère on me l’a décrite un peu rigide voir même un peu rugueuse, je me souviens d’un regard bienveillant,  d’un discret sourire, un peu enfantin. On s’asseyait à table, les adultes discutaient, elle m’offrait un jus d’orange et des boudoirs, peut-être des madeleines ? un parfum de fleur d’oranger me revient…. Elle avait les cheveux gris , elle les  portait en chignon , de tous petits yeux, des anneaux aux oreilles qui paraissaient pesés une tonne tant ses oreilles s’étiraient, elle portait toujours une robe sous une blouse et de larges charentaises, elle marchait voûtée, elle avait des mains de travailleuse. Les doigts croisés sur la table elle échangeait avec mon grand-père les nouvelles du jour,  journal à l’appui, ce n’était pas une grande bavarde, et c’est vrai, elle avait la parole un peu sèche même si son attitude me paraissait tout autre. Quand je me concentre j’entends encore un peu sa voix. J’attendais… je l’observais, j’observais sa maison  qui était très bien tenue mais elle avait un meuble, un buffet bas sur lequel se trouvait des piles et des piles de courrier, il en était entièrement recouvert, pourquoi est-ce qu’elle gardait tout ce courrier ? Elle n’osait pas jeter ? Quand on est enfant c’est fou ce qu’on observe ….Savait-elle que je la regardais ? savait-elle que je me souviendrais ?

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire
C’est un éclat de verre, c’est la vie, le soleil
C’est la mort, le sommeil, c’est un piège entrouvert

Un arbre millénaire, un nœud dans le bois
C’est un chien qui aboie, c’est un oiseau dans l’air
C’est un tronc qui pourrit, c’est la neige qui fond
Le mystère profond, la promesse de vie

C’est le souffle du vent au sommet des collines
C’est une vieille ruine, le vide, le néant
C’est la pie qui jacasse, c’est l’averse qui verse
Des torrents d’allégresse, ce sont les eaux de Mars

C’est le pied qui avance à pas sûr, à pas lent
C’est la main qui se tend, c’est la pierre qu’on lance
C’est un trou dans la terre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire

C’est un oiseau dans l’air, un oiseau qui se pose
Le jardin qu’on arrose, une source d’eau claire
Une écharde, un clou, c’est la fièvre qui monte
C’est un compte à bon compte, c’est un peu rien du tout

Un poisson, un geste, c’est comme du vif argent
C’est tout ce qu’on attend, c’est tout ce qui nous reste
C’est du bois, c’est un jour le bout du quai
Un alcool trafiqué, le chemin le plus court

C’est le cri d’un hibou, un corps ensommeillé
La voiture rouillée, c’est la boue, c’est la boue
Un pas, un pont, un crapaud qui croasse
C’est un chaland qui passe, c’est un bel horizon
C’est la saison des pluies, c’est la fonte des glaces
Ce sont les eaux de Mars, la promesse de vie

Une pierre, un bâton, c’est Joseph et c’est Jacques
Un serpent qui attaque, une entaille au talon
Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire

Un point, une bosse, une tâche, un cou, un geste, une aiguille, une guêpe, un coup

L’hiver qui s’efface, la fin d’une saison
C’est la neige qui fond, ce sont les eaux de Mars
La promesse de vie, le mystère profond
Ce sont les eaux de Mars dans ton cœur tout au fond

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire…

C’est l’hiver qui s’efface, la fin d’une saison
C’est la neige qui fond, ce sont les eaux de Mars
La promesse de vie, le mystère profond


Ce sont les eaux de Mars dans ton cœur tout au fond

 

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4 réflexions sur “

    • Merci Mona,
      J’adorais que tu nous racontes ;-)…j’ai eu la chance de connaitre deux de mes arrière-grand-mères…j’ai de très bons souvenirs avec mes grands parents aussi, c’est pas de la nostalgie mais ce sont des souvenirs qui font du bien parfois …Bonne soirée

      J'aime

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