Quoi ? Vous avez mangé des cacahuètes ?!!!

C’était un dimanche midi, je prenais l’apéritif (sans alcool pour moi enceinte ou pas) avec mon mari, et j’ai senti quelque chose d’humide entre mes jambes, j’ai cru sur le coup que j’avais pipi dans ma culotte ( 8 mois de grossesse gémellaire ça aurait pu arriver) et en me mettant debout j’ai vite compris que je perdais les eaux, ça faisait comme un ballon remplit d’eau qui éclate, un torrent tout à coup. J’étais allée le matin même à la clinique mais on m’avait dit de rentrer chez moi (j’étais en permission) et de revenir tranquillement le soir. Ma césarienne était prévu 4 jours plus tard mais la nature en avait décidé autrement.

On reprend la route vers la clinique j’appelle les sages-femmes que je connais bien maintenant, je les ai vu tous les jours depuis un mois, coté sympa de mon hospitalisation les personnes qui vont assistées à mon accouchement ne sont pas vraiment des inconnus. J’appelle la clinique donc, les sages-femmes m’attendent, ça tombe bien le médecin de garde est le gynécologue qui suit ma grossesse.

J’arrive à la clinique et le liquide amniotique continu de s’écouler, on m’examine, mon col est toujours fermé, ou plutôt il n’est ouvert que d’un centimètre, mon médecin confirme la césarienne et donne l’ordre aux sages-femmes de me préparer pour le bloc. Douche à la Bétadine, rasage, blouse, charlotte, je monte sur un chariot les sages-femmes me demande si je suis à jeun « j’ai mangé des cacahuètes » …elles sont un peu embêtées j’aurais dû être à jeun, mais je ne me doutais pas que quelques heures après cette poignée de cacahuètes je me retrouverais au bloc pour donner naissance à deux beaux bébés. Nous arrivons au bloc une équipe nous attend, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup de monde, une infirmière vient me voir et se présente, bonjour Mme …vous êtes bien à jeun ? non j’ai mangé des cacahuètes. quoi ? vous avez mangé des cacahuètes, vous devriez être à jeun…une sage-femme vient à mon secours… c’est une césarienne en urgence…elle ne savait pas. On m’installe donc au bloc, l’anesthésiste arrive, bonjour madame, je suis l’anesthésiste vous êtes bien à jeun ?et tout le monde répond en cœur « non elle a mangé des cacahuètes !!! » Ah bon mais pourquoi ???Je commence à être très gênée d’avoir mangé ces fameuses cacahuètes je commence à avoir peur aussi, est ce que c’est dangereux tout le monde à l’air tellement embêté…je me décide quand même à poser la question a l’anesthésiste qui se tient à coté de moi, il m’explique que ce n’est pas grave mais qu’il est préférable d’être à jeun pour éviter les vomissements.

J’entends les infirmières dire que le chirurgien(mon gynéco) va arriver, on me fait la rachi anesthésie.

Enfin le boss arrive, il a un air rassurant, bienveillant, on sent que tout le monde le respecte, tout le monde se met en place, il s’assoit , l’infirmière se penche et je l’entend chuchoter « elle a mangé des cacahuètes » je l’entend lui répondre « ah oui quelle drôle d’idée ».

J’étais un peu triste d’être seule au bloc, j’aurais aimé que mon mari puisse m’accompagner, l’anesthésiste m’a tenu compagnie, il est resté à coté de moi, il a gardé une main sur mon épaule et me souriait gentiment me demandait comment j’allais.

Le médecin me dit que c’est le moment, on y va, c’est super bizarre la rachianesthésie, on sent tout mais on ne souffre pas, j’ai sentie l’incision, et quelques minutes plus tard, j’ai senti que le médecin tirait très fort sur l’un de mes petits je sentais mon bassin bouger de gauche à droite, il se débattait, tirait de toute ses forces, une sensation que j’aurais bien du mal à raconter mais que je n’oublierais jamais, je ne vois rien, un champs me cache ce qui est en train de se passer mais soudain le médecin brandit ma fille au-dessus de ce champs. Extraordinaire je lève la main pour essayer de la toucher, le médecin me rappel à l’ordre on ne bouge pas ! il confit ma fille à l’une des sages-femmes qui sort du bloc rapidement car il fait froid. Je suis secouée à nouveau et de la même façon après quelques secondes le médecin me montre mon fils, j’essaie de le toucher le médecin m’ordonne de ne pas bouger, la seconde sage-femme s’empare de mon fils et disparait pour lui prodiguer au chaud les 1ers soins.

Je remercie le médecin, il a un léger hochement de tête.

On me recoud, on me pose une sonde urinaire que je garderais 24h ainsi qu’une perf. je dois rester au bloc encore un peu, une des sages-femmes vient me voir, elle me dit que les petits vont bien, me dis que mon fils est le portrait craché de mon mari. Mon mari était avec eux. Je me retrouvais un peu seule tout à coup, impatiente de pouvoir les retrouver.

En tout cas j’ai mis au monde deux beaux bébés,une fille 49 cm 2.5kg et un garçon 51 cm 2.9 kg, difficile à croire pour une femme qui mesure à peine 1m55….

A suivre : Un retour en chambre un peu difficile

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La dernière ligne droite avant l’arrivée de mes jumeaux

J’ai été hospitalisée à partir de mon 7ème mois de grossesse à cause d’une cholestase gravidique. Ça pouvait être dangereux pour mes jumeaux et ça nécessitait un suivi particulier, un traitement.
On me faisait tous les jours un monitoring d’une heure environ parfois un peu plus (parce que les sages-femmes m’oubliaient ou qu’elles étaient occupées) et une prise de sang tous les deux jours, et j’ai pris un traitement jusqu’à l’accouchement.
Je m’ennuyais à mourir à l’hôpital et plus les jours passaient plus je déprimais, ma famille et la famille de mon mari habite loin et je ne voyais personne de la journée, mon mari passait le soir quelques heures…je trouvais ça dure, je savais que c’était pour le bien de mes bébés mais j’avais envie d’être chez moi.
Les deux derniers weekends devant mon désarroi les sages-femmes m’ont donné des permissions pour que je puisse rentrer chez moi, on me faisait un monitoring le samedi matin avant de partir et le dimanche soir en rentrant dans ma chambre.
Les nuits je dormais très peu je me levais 6 ou 7 fois, j’avais des brulures d’estomac et je ne savais plus comment me mettre, j’avais un ventre énorme, je ne sentais presque plus mes petits bouger parce qu’ils n’avaient plus de place, le peu de fois où je les sentais bouger la plupart du temps ça me faisait mal, j’avais toujours des démangeaisons dues à la cholestase…j’étais pressée d’accoucher, pouvoir enfin voir mes petits (leur position lors des échos ne m’avait même pas permis d’apercevoir un profil) et j’allais enfin reprendre possession de mon corps.
Enfin pendant ma 37ème semaine, mon gynéco passe me voir, mon col n’est pas du tout ouvert, il estime qu’il est temps et programme une césarienne pour la semaine d’après, un jeudi. Je savais depuis le début qu’il était très probable que je n’accouche pas par voie basse, je n’ai pas été déçue sur le coup je l’ai regrettée après mais de toute façon je n’avais pas le choix, je me suis accommodée de cette nouvelle, et j’étais heureuse de savoir qu’une semaine plus tard je verrais enfin mes petits.

Ma césarienne est prévue un jeudi et le weekend précédent on me donne le droit de rentrer chez moi, j’étais contente ça me faisait du bien de rentrer.
Le weekend avait bien commencé mais allez savoir pourquoi le samedi soir, les hormones, le stress…une dispute éclate entre mon mari et moi, je n’ai plus vraiment le contrôle, je crie, je hurle je rentre dans une espèce de crise d’hystérie et j’arrive pas à m’arrêter, au bout d’un moment quand même je sens que le fait de hurler comme je le fais exerce une sorte de pression, en gros je pousse, involontairement, il était tard j’essaie de me calmer et je décide d’aller me  coucher dans le canapé pendant que mon mari va au lit.
Vers 3h du matin je me réveille, envie de faire pipi, soudain je m’aperçois que j’ai perdu quelque chose, ça ressemble beaucoup à ce que j’ai pu lire sur internet et à ce que j’ai appris pendant les cours de préparation à l’accouchement : le bouchon muqueux, un truc gélatineux je ne suis pas rassurée pour tout dire même je flippe pas mal, je rejoins mon mari dans le lit et dès le lendemain matin, à la première heure nous reprenons le chemin de la clinique.
La sage-femme m’examine, mon col est fermé, elle me passe à l’aide d’une sorte de grand coton tige un produit qui révèle la présence de liquide amniotique et aucune trace de liquide amniotique n’est présent selon elle, elle me fait un monitoring et tout va bien, elle me dit de ne pas m’en faire et de rentrer chez moi pour revenir le soir comme prévu.
Nous rentrons donc et pour fêter la future arrivée de nos jumeaux on se prend un petit apéro (sans alcool) mais on est vite interrompu, je sens tout à coup quelque chose qui me coule entre les jambes, je me lève d’un bon, pas très sûr de ce qui m’arrive, est ce que j’ai fait pipi dans ma culotte ? Non là c’est carrément la douche…aucun doute je perds les eaux
A suivre : quoi ? vous avez mangé des cacahuètes ??!!!