Pas de festivals

Bertrand Cantat était censé se produire en concert dans les festivals d’été. J’ai signé des pétitions personnellement pour qu’il ne puisse pas se produire et je suis contente qu’il se retire. Certains élus locaux avaient renoncé sous la pression à financer sa venue.

« Il a purgé sa peine », c’est ce que certains opposent, c’est vrai mais l’idée qu’un homme (ou une femme) qui a commis un meurtre puisse se faire applaudir, acclamer m’est insupportable…..mon avis c’est que cette personne, si elle devait reprendre dans ce métier,  devrait travailler dans l’ombre, en coulisse. Comment est-ce qu’on peut tolérer que cette personne reprenne sa vie comme si de rien…certains disent il a le droit de travailler…c’est vrai mais la scène c’est quand même particulier…

Je comprendrais qu’un mécanicien reprenne la mécanique, qu’un boulanger reprenne sa boulangerie….c’est avec les applaudissements, l’admiration d’un public que j’ai du mal…

Ce type a passé 8 ans en prison et il reprend sa vie, c’est son droit, c’est la justice….. mon droit à moi comme tant d’autres c’est de s’opposer à ce qu’on applaudisse un homme qui a tué….

Pour rappel extrait du parisien du 12 mars 2018

« Libéré en 2007 de la prison de Muret , Bertrand Cantat avait purgé plus de la moitié de sa peine après avoir été condamné à huit ans de prison par la justice pour les coups mortels portés à sa compagne d’alors Marie Trintignant en 2003 »

Il avait été condamné à 8 huit ans, il en a fait 4

http://www.leparisien.fr/faits-divers/bertrand-cantat-les-verites-du-juge-qui-l-a-libere-13-10-2017-7329999.php

Le juge qui l’a libéré s’exprime dans une interview au parisien:

Le juge raconte sa rencontre avec Bertrand Cantat, les conditions de sa détention et les raisons pour lesquelles rien ne s’opposait selon lui à sa libération avant la fin de sa peine de prison. Il répond ensuite à des questions   après la libération de Cantat :

Le suicide de son épouse Krisztina Rady ne vous a-t-il pas perturbé ?
Le mot est faible, j’en ai été bouleversé. J’avais rencontré une femme positive, dynamique, lumineuse. J’ai pensé à ses enfants comme j’ai pensé aux enfants de Marie Trintignant. A titre personnel, ce drame m’a d’autant plus marqué le jour où j’ai découvert sur Internet le «communiqué officiel» d’une avocate en mal de célébrité, me présentant en quelque sorte comme «co-responsable» du suicide de l’épouse de Cantat. Selon elle, j’aurais dû faire l’objet d’une inspection de la Chancellerie sur les conditions dans lesquelles j’avais accordé cette libération conditionnelle. Plus grave encore, il était expliqué que le chapitre consacré dans mon livre au dossier Cantat n’avait été écrit que pour couvrir les violences supposées sur son épouse. Une attaque véritablement pernicieuse. L’auteure de ce pamphlet, si elle s’était renseignée, aurait appris que mon livre avait été envoyé pour impression fin 2012, plusieurs mois avant que l’on connaisse l’existence de l’appel téléphonique troublant de Krisztina à ses parents. Je n’ai pas répondu à l’époque, obligation de réserve oblige. Mais cela reste pour moi une blessure indélébile.

N’y a-t-il pas un trouble public quand il donne une interview, sort un disque ou se produit sur scène ?
Je n’ai pas à porter un jugement d’ordre moral sur le choix qu’a fait Cantat de revenir dans la lumière. Je constate seulement que sa libération s’est déroulée sans le moindre incident. Par la suite, il m’a semblé que son retour sur la scène publique s’est déroulé de manière progressive, discrète, décente. Bien sûr, la discrétion est la règle pour la réinsertion de condamnés à de longues peines, c’est aussi une condition pour que s’exerce le «droit à l’oubli». C’est ainsi que j’ai pu, sans que cela ne s’ébruite, accorder ou favoriser la réinsertion de détenus auteurs de faits criminels ayant eu un retentissement exceptionnel. Pour Bertrand Cantat, c’est tout autre chose. Impossible d’imaginer pour lui ce droit à l’oubli, comme le montre la polémique de ces derniers jours. De toute façon, lui-même n’oubliera jamais ses actes. Depuis une certaine nuit de juillet 2003, je le crois plongé dans une culpabilité profonde, une souffrance inextinguible, une prison intérieure dont aucun juge ne pourra le libérer.
Comprenez-vous l’émotion que cela puisse susciter au sein de la famille de Marie Trintignant ?
Totalement. J’ai apprécié le silence digne de Nadine Trintignant lors de la libération de Bertrand Cantat alors qu’elle était invitée sur une chaîne télévisée.

 

Dans le journal le point Nadine trintignant, mère de Marie Trintignant

« comment se fait il qu’un homme où on sait qu’il a tué, ce n’est pas un mystère….comment ose-t-il ? Je trouve honteux, indécent, dégeulasse, qu’il aille sur scène » « « je me demande ce que les gens qui y vont pensent. Qu’est ce qu’ils font du sang, des coups, des larmes?……tout le monde semble avoir oublié le nombre de coups qu’à reçu Marie : vingt-trois ! vingt-trois coups »

Je ne comprends pas non plus ……