La maternité m’a amené souvent ici à revenir sur des moments de mon enfance, de mon adolescence, sur des moments forts qui ont fait un peu de ce que je suis aujourd’hui…
La culpabilité c’est un sentiment que je ressens depuis longtemps ….
Je suis revenue une ou deux fois sur ma relation avec mon père, peut être plus…
Je n’ai plus vécu avec lui depuis mes 11 ans, je l’ai croisé au hasard depuis, de temps en temps, il a eu mon numéro de téléphone il y a quelques années….il me laisse par période, environ tous les deux ans, des messages sur mon répondeur, des reproches, parfois des insultes, des plaintes… et je lui réponds par sms.
Forcément il fait pas les choses comme tout le monde…
Il y a deux jours au travail, je reçois un appel, c’est mon père, dans mon répertoire je l’ai enregistré sous « mon père » j’ai pas pu écrire papa, je ne réponds pas, je laisse sonner…je me dis que j’écouterai le répondeur.
J’écoute le répondeur, il ne me parle pas, j’entends des gens qui parlent, des bruits comme si le téléphone était dans sa poche, je me dis qu’il m’a peut-être appelé par inadvertance ou peut-être il fait semblant de m’appeler par erreur laisse le répondeur tourner parce qu’il veut que j’entende quelque chose…
Bon…la journée passe c’était peut-être une erreur.
Hier ça recommence je reçois un appel, je laisse sonner, j’écoute le répondeur, même processus, cette fois c’est sur il veut que j’entende quelque chose. Son petit jeu m’amuse pas…mais il obtient ce qu’il veut finalement…je lui envoie un message.
De fil en aiguille il m’apprend qu’il est hospitalisé en psychiatrie, sur le répondeur c’est bien ce que j’avais cru comprendre , j’avais pensé a une hospitalisation…il est dans un service spécialisé dans l’addictologie…il veut que je l’appelle me donne un numéro, je vérifie c’est bien le numéro d’un hôpital psychiatrique mais je ne veux pas l’appeler. Je lui réponds de prendre soin de lui, d’essayer d’accepter les soins et les aides mais je ne l’ appelerai pas…et je culpabilise
Je me dit que ce type est un fou, un pervers, je ne peux rien faire pour lui…mais une part de moi culpabilise.
Je me pose des questions…Je décide d’appeler l’hôpital, on me passe l’unité où il est interné, je me présente, je suis la fille de, j’aimerais savoir ce qui s’est passé, elle me dit que je peux lui rendre visite demain, je lui réponds que je ne viendrai pas, elle ne me renseignera pas…
Tant pis….je me déleste ici un peu de tout ça
