16 ans avec lui

16 ans ….

On a tous nos petits truc à nous….ce que je fais de temps en temps, je prends une « photo » d’un instant de ma vie et je me demande ce que j’aurais pu penser si on m’avait montrer cette photo quelques heures, quelques jours, quelques mois, quelques années avant. J ‘ai pris une photo récemment entourée de gens masqués dans mon supermarché habituel, et j’ai imaginé ce que j’aurais pu penser il ya quelques mois quand la situation était normal, j’aurais pensé à mon avis à un incident chimique, une pollution de l’air…j’aurais jamais pensé à un virus c’est sur…

Et parfois je prends des photos de ma vie actuelle que j imagine voir quand j’avais 21 ans, il y a 16 ans….c’est mon petit jeu à moi….

Il y a 16 ans j’ai fait une grosse pneumonie. Il y a environ 17 ans, j’étais tombée un peu dans l’anorexie, je me souviens de ce moment précis ou j’ai décidé de priver mon corps de nourriture, ce jour la j’avais fais une nuit blanche comme pour me punir, comme pour reprendre le contrôle d’un corps paralysé par la peur qui m’avait fait défaut, qui m’avait trahi,comme pour lui dire ça suffit, maintenant c’est moi qui décide ! A force mon corps s’est affaibli, je l’ai nourri de café et de nicotine et j’ai chopé un truc grave. Finalement la pneumonie m’a fait prendre conscience que je devais prendre soin de moi, que je devais arrêté mes conneries et c’est prête à croquer la vie à pleine dent que j’ai rencontré mon mari.

Je me demande ce que j’aurais pensé …une photo de famille dans une ville inconnue, des enfants de 7 ans, j’ai voulu très vite avoir des enfants pourtant…ils ont l’air d’avoir à peu près le même âge….

16 ans plus tard mon couple ne ressemble pas tout à fait à ce que j’aurais voulu et il est très différent de ce qu’il a pu être …je ne dirai pas passionnel parce qu’il y a dans la passion quelque chose d’un peu malsain selon moi mais disons le quand même passionnel, fusionnel…les années, les problèmes quotidien, la routine, les deuils, nos défauts …on a faillit divorcer et on l’a pas fait…mon mari ne me dit plus qu’il m’aime depuis longtemps, seuls mes enfants me disent que je suis belle, je me suis habituée à dormir de mon coté du lit dans une solitude qui me faisait mal au ventre au début, une détresse affective…je m’y suis résignée, je m’y suis habituée. Depuis un bon moment on passe des moments agréables en famille, y a plus de disputes, y a plus de cris, on est un peu des amis qui dorment dans le même lit…

Parfois je rêve de bras autour de moi, je rêve qu’on m’aime à nouveau et puis je pense à autre chose…

Je ne suis pas malheureuse mais je me demande quand même ce que j’aurais pensé si il y a 16 ans on m’avait montré quelques uns de ces clichés

Mauvais perdant

En Bretagne le temps de nos vacances pluvieuses, nous nous sommes tournés vers des jeux de sociétés pour occuper les petits et à 4 ans on commence à en trouver mais il n’ y en a pas des masses non plus….on a joué aux dominos, des dominos avec des animaux, des chiffres, des symboles et j’ai découvert que mon fils était un très mauvais perdant….il adore jouer…..mais il déteste perdre…..crise de larmes,  colère….il vire au rouge, il tape des pieds, balance les dominos

Sa réaction m’a surprise et un peu amusée….il devra apprendre à se maîtriser mais d’ici à ce qu’il y parvienne je sens qu’on va passer par quelques fin de parties explosives…lol

J’ai passé un bon quart d’heure a essayer de le calmer après la dernière partie de dominos en famille, à lui expliquer que c’était un jeu, que le but était de s’amuser et que là on ne s’amusait plus….on gagne parfois et parfois on perd, inconsolable….

Je me suis interrogée sur le pourquoi du comment….

J’ai trouvé ça sur psychologie.com …..ça vaut ce que ça vaut….

Un visage se ferme, le plateau de jeu vole, la porte claque… La partie a tourné court. « Certains vivent la défaite comme une profonde blessure d’amour-propre, explique la psychanalyste Annie Anzieu : c’est très douloureux parce qu’ils se sentent tout à coup complètement dévalorisés. »

Quand la plupart rient de leur maladresse, les mauvais perdants la vivent comme un échec personnel. Chaque point donné à l’adversaire est l’occasion de se dire qu’ils sont nuls. « Certains vont chercher dans le jeu une reconnaissance qu’ils ne trouvent pas ailleurs, souligne le psychiatre Marc Valleur. Ils ont besoin de vérifier constamment qu’ils sont bien les meilleurs. » Pour eux, la vie est une compétition permanente. Le jeu n’y échappe pas, au contraire.

Une question de vie ou de mort

Ce n’est qu’un jeu ? Non, répondent les psys, unanimes. Pour le mauvais perdant, c’est bien plus que cela. « Le jeu n’est pas le contraire du sérieux, affirme Marc Valleur. C’est l’inverse de la réalité, un espace où l’on réinvente sa vie. C’est un laboratoire révélateur de la personnalité de chacun. » Dès l’enfance, jouer tient une place prépondérante dans la construction de son identité. On fait semblant, « on dirait que… », on joue aux grands, on se projette.

Plus on grandit, plus on prend pied dans le réel. « La vie entière est un jeu, souligne Annie Anzieu. Un long pari, un grand défi : vivre, c’est chercher la victoire, ne serait-ce que contre la mort. Dans l’histoire de l’homme, seuls les plus forts ont eu des chances de survivre. Certains trouvent donc dans le jeu une façon de tester leurs capacités de résistance. » Un peu comme s’il s’agissait de la vie en minuscule : c’est le « je » sur la sellette. La logique est imparable : « Je joue ma vie, si je perds, je meurs », résume Marc Valleur.

Un désir de toute-puissance

Certains attendent de cette aventure ce que la vie ne leur offre pas : la possibilité de gagner. Mais lorsque l’on mise gros, on perd beaucoup. Le mauvais perdant est celui qui surinvestit le jeu. « Quand on est particulièrement angoissé face aux incertitudes de la vie, le jeu rassure, explique Marc Valleur. Là, il y a des règles. Là, le résultat est proportionnel à l’effort. En ce sens, cette représentation est plus juste que la vie. Au cours d’une partie, ils vont chercher à se mettre du côté des gagnants, ce qu’ils n’arrivent pas à faire dans la réalité. »

Enfant, on se rêve champion toutes catégories. « Pour certains adultes, conclut Annie Anzieu, le jeu est une représentation de ce désir infantile de toute-puissance, sur les autres et sur la situation. » Entre le « j’ai perdu » et le « je suis perdu », il n’y a pas grande différence… Devenir adulte, ce serait donc apprendre à le supporter. Le temps d’une partie de dés, pour commencer

Reprendre une activité

Ne pas se regarder l’un l’autre….mais regarder dans la même direction….. Une citation qu’avait repris le maire qui nous a mariés, une citation bien choisie je trouve. Je l’ai interprété comme « le meilleur moyen de faire durer votre couple sera de regarder vers l’avenir, de faire des projets et de ne pas rester auto-centrer sur vous-mêmes… » je me souviens que j’avais écouté ces mots avec une grande attention et que je m’étais dit que j’allais suivre ces conseils…je m’y efforce

En ce moment je vais vous dire quelque chose que je n’oserai pas dire ailleurs….la vie de couple me déçoit énormément, je culpabilise de penser ça….je serai hyper triste si mon mari disait ça, c’est peut-être la fatigue qui parle, je sais pas…. je suis un peu blasée….je suis déçue de ma vie de couple mais je ne rêve même pas d’un autre homme…je n’y crois plus. Le romantisme, les belles déclarations, quelles conneries tout ça je te jure….

Avant le congé parental je me souviens qu’avec mon mari on se disputait beaucoup, puis on a eu les enfants et on a arrêté de s’engueuler, chez nous c’était bien plus zen. On s’étonnait un peu de ces changements d’ailleurs…. Depuis que j’ai repris le travail et bien c’est reparti …. les premiers temps ça s’est bien passé, monsieur faisait des efforts et puis chasser le naturel il revient au galop, je me retrouve à travailler 39h par semaine, plus deux heures de transport en commun par jour, plus les machines, les repas, les papiers, le petit potager du balcon, les comptes, les courses, les douches, les câlins, les histoires, organiser tout ce petit monde, payer la cantine, composer les sacs à dos, casquettes, crème solaire pour le centre, penser à tout, tout le temps….monsieur fait bien un ou deux trucs de temps en temps, mais rien d’équitable c’est certain….parfois je ne me dis pas que je serai mieux avec un autre non….j’en ai aucune envie, mais parfois je me dis que je serai  bien mieux toute seule, que j’aurais un repas de moins à préparer, un tee-shirt de moins à plier…..voilà voilà….

Des fois j’aurais envie qu’on s’occupe un peu de moi….j’ai des envie moi aussi d’avoir une maman

3 ans que dans la maison je m’occupais de tout et je trouvais ça normal, c’était normal, je travaillais pas ….mais là je suis en lutte, ça ne peut pas durer comme ça….je gueule, je gueule tout le temps et j’aime pas ça….bref….

Je ne pensais pas avoir de vacances cette année mais j’ai une chef super sympa et des rtt alors je vais tout de même avoir une petite semaine du 22 au 29 juillet. Nous sommes partis ce weekend à Deauville, pas très loin de Paris…..la mer ça fait du bien….je sais pas pour vous mais rien que la vue je trouve que ça apaise et les enfants adorent. J’ai organisé moi-même ce petit weekend bien sûr….qui d’autre… ? (Grincheux ! sors de ce corps….lol) les petits ont vu leur premier feu d’artifice à Houlgate hier, on avait raté celui de Deauville le 14….

Le 14 j’ai pensé un peu à mon père, il est né le 14 juillet, cet homme que je connais très peu finalement, que je n’ai revu que 2 ou 3 fois involontairement, depuis mes 11 ans, la plupart du temps croisé dans un supermarché quand je vivais encore en normandie et qui m’avait recontacté quand j’étais enceinte, il avait entretenu la nuit, pendant quelques semaines, des conversations avec mon répondeur, ivre il finissait souvent par m’insulter … j’ai pas de haine, pas de colère (et ce grâce à une année de psycho qui m’a éclairé sur la vie), je me dis qu’il a grandi lui-même dans un milieu hyper malsain, qu’il aurait peut-être pu être différent mais qu’il ne l’est pas….un jour il a fait la connaissance de ma mère….ma mère qui venait d’un milieu plutôt favorisé et qui par esprit de rébellion surement, pour faire chier ses parents….bon parfois je pense à lui, cette personne un peu étrange, que je revois dans des souvenirs anciens, chantant certains airs, le voir chanter comme ça, ça reste un mystère…..

Le feu d’artifice avec mes enfants était hyper sympa, la veille ils entendaient sans voir, ils comprenaient pas trop…. hier j’ai eu la chance de voir des yeux émerveillés, des mains qui cherchaient à attraper….quand on a des enfants on a cette chance….on revit tous ces moments de découvertes et d’innocences

Mes enfants sont très durs en ce moment, des crises, des caprices, je me dis qu’on a peut-être trop laissé passer de choses ces derniers temps et qu’il faut reprendre tout ça en main parce que ça devient un peu invivable mais ce weekend nous a fait du bien à tous , je pense qu’on a tous besoin de sommeil, vivement la semaine prochaine 😊

A bientôt, pour un article un peu plus positif, j’espère….

Souvenir de celui qui ne portait pas de chaussettes :-)

Ado, j’ai eu un éducateur, j’en ai même eu plusieurs mais je ne me souviens bien que d’un seul et plus précisément je me souviens bien de ses pieds…des chaussures bateaux qu’il portait sans chaussettes, je me souviens qu’il était blond mais je ne me souviens pas précisément de son visage, juste ses pieds. Des pieds de vacanciers, détendus, sans chaussettes… La  « maison des éducateurs » était accolée  à une maison d’un tout autre genre, la maison d’une grosse dame en mini- short vert qui attendait le client  sur le trottoir devant sa fenêtre où elle avait mis un petit panier avec un message « je reçois de telle heure à telle heure… »

On pense souvent que les éducateurs sont là uniquement pour les jeunes délinquants, j’ai le souvenir  d’une prof d’anglais à qui j’étais venue apporter un justif suite à une absence, sans me rendre vraiment compte de ce que ça pouvait évoquer d’être suivie par un éducateur, elle avait semblée horrifiée « toi ? Tu vas voir un éducateur ? »  Je n’avais pas trop le profil surement…hyper timide, plutôt sérieuse…je ne voulais surtout pas me faire remarquer, j’arrivais toujours à l’heure, je n’étais pas insolente ou très rarement ;-)…j’ai toujours respecté les règles et ça pour une bonne raison, je ne voulais surtout pas me faire engueuler, jamais. Deux trois fois dans l’année il m’arrivait de ne pas vouloir aller en cours, mais dans ce cas-là je demandais tout simplement à ma mère l’autorisation de sécher et c’est seulement avec son accord et sa complicité que je restais parfois trankilou à la maison. J’étais certaine comme ça de ne pas avoir de problèmes….Je me souviens de « camarades » de classe se moquant un peu de moi et qui apparemment m’imitaient pensant que je venais d’un milieu qui n’était pas du tout le mien …  « Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ? »  Comment on pouvait on être à ce point à coté de la plaque???… mais j’ai toujours su donner le change…j’étais  en difficulté  mais  ce n’était pas marqué sur mon front et ça m’allait très bien…

C’est drôle quand même en tout cas cette peur toujours,  de me faire engueuler ….De mes premiers souvenirs d’école et jusqu’à mon dernier boulot encore,  dans ma vie professionnelle, je reste un peu flippée de faire quelque chose de travers  et de me prendre une soufflante, je ne supporte pas ça, quelque part je ne supporte pas l’autorité et quand j’y pense je me dis que c’est ce qui fait de moi aussi  l’ employée que je suis, plutôt une bonne exécutante mais qui ne prendra jamais trop de risque ou d’initiative, qui restera bien dans les clous à faire ni plus ni moins  que ce qu’on lui a demandé….

Souvenir de celui qui ne portait pas de chaussettes, de nos différents entretiens, de nos échanges il ne me reste pas grand chose, c’était notre dernier rendez-vous, ma sœur aurait dû être là avec moi mais elle avait fumé des cigarettes, ça l’avait rendue malade et à contre cœur j’avais dû y aller seule,  il m’avait  souhaité bonne route, bonne continuation d’une façon un peu solennelle, je l’avais senti vraiment sincère.  Je suis arrivée à bon port…

On peut dire beaucoup de chose des gens en regardant leurs chaussures. Où ils vont. Où ils sont allés. ” Robert Zemeckis De Robert Zemeckis / Forrest Gump.