Tant qu’il y a de la vie….

Bon un petit mot quand même….c’est bien Macron qui est passé, je vous l’avais dit dès le lendemain du premier tour, je n’avais aucun doute, la France ça ne peut pas être Le Pen…;-).Même si bien sûr c’était pas le premier choix pour une grande partie d’entre nous, on a choisi le moins pire, du moins de l’avis de 66 % des français…maintenant advienne que pourra….

Dans la vie faut être positif….

Vivement que les législatives soient passées quand même et qu’on parle un peu d’autres choses… ce n’est que le début…. on a pas fini avec Macron et l’histoire de son ascension fulgurante, Brigitte et leur histoire particulière….qui est d’ailleurs une belle histoire je trouve, certains la trouve sordide, peut-être les mêmes qui ont voté pour…. ??? on ne sait pas… 😉 Valls…. la prétendue mort du PS, les trahisons….la bataille des législatives, la cohabitation…. ? y a de quoi faire….

Un long weekend un peu nul sous la pluie….des enfants un peu ingérables, enrhumés(demain je pense qu’une visite chez le médecin s’impose) , qui jouent mais qui jouent beaucoup trop bruyamment… peut-être qu’on ne sait pas s y prendre avec eux….. ??? en tout cas vive la migraine ! les courses, les élections …nous sommes allés voter en famille, ma fille a mis mon enveloppe dans l’urne et mon fils celle de son père, ils étaient contents d’avoir « voté »…

Pour ceux qui ont la gentillesse de me suivre, je voulais vous donner quelques nouvelles….Ultime lueur d’espoir, alors que mon grand-père devait revoir ses médecins pour ses anti-douleur, qu’on lui disait qu’on ne pouvait plus rien pour lui ,  les médecins  vont finalement tenter une chimio (rayons auparavant) avec un traitement anti-douleur plus adapté, je sais que mon grand-père n’est pas immortel, mais c’est un battant… je lui souhaite de pouvoir finir sa vie autrement, plus sereinement….de pouvoir donner à manger à ses poules, de pouvoir arracher ses pommes de terre, de planter ses tulipes et ses rosiers, de pouvoir faire ce qu’il aime ! Il faut cultiver notre jardin….des joies simples….Mon grand-père est un jeune grand-père et arrière-grand-père, il n’a que 78 ans …mise en route du premier enfant à 18 ans, juste avant de partir pour l’armée, ma grand-mère avait 21 ans, grand-père à 41 ans et arrière-grand-père à 68 ans ….il se bat depuis une dizaine années….

Tant qu’il y a de la vie y a de l’espoir….

 

A quoi pensait-il

Ici je raconte ma vie…je filtre quand même une bonne partie…je ne parle pas de ma vie de femme, de ma vie de couple, de ma vie de belle-mère, je ne parle que de ma vie de maman,  dans le même esprit je parle de mes souvenirs d’enfance, parce qu’inévitablement je pense qu’ on revit un peu  (beaucoup ?) de notre enfance à travers nos enfants,  parfois je me demande si je raconte trop, je ne voudrais pas qu’on me reconnaisse, je ne dis rien de mal, mais je crois que je serai gênée….je  suis plutôt pudique avec mon entourage et je pense qu’à part mon mari avec qui je vis tous les jours et qui voit des aspects de moi que personne ne devine (je me rend compte à cet instant que j’ai passé avec lui un tiers de ma vie)  peu me connaissent vraiment. Ici je me laisse aller, parce que c’est parfois dur de garder tout pour soi, bref….

C’était la fête en Normandie le 26 juin…..

Quand j’étais enfant mes grands-parents organisaient une fête familiale,  une fête à la campagne en total décalage avec notre quotidien chez ma mère dans un quartier très urbain, très hlm….c’était un rendez-vous, on se voyait très rarement et  malgré  les désaccords, les mésententes, les soucis quotidiens, ma famille se réunissait tous les ans, le dernier weekend de juin. Mes grands-parents montaient une tente dans leur jardin, ils  installaient une grande table avec des tretots, le repas était toujours le même,  mon grand-père faisait cuire un cochon de lait à la broche, ma grand-mère préparait une jardinière de légumes délicieuse avec les légumes du jardin,  en entrée du melon, pour les adultes un demi-melon contenant du porto. Si je compte bien en moyenne on devait être entre 17 et 20  personnes, parfois un peu plus un peu moins, on adorait avec mon frère et ma sœur retrouver nos cousins, cousines. A quinze heures  en général le corso fleuri commençait, le défilé des chars, de la reine du village…et ensuite on partait sur la fête foraine et en fonctions des âges, manèges, pêche au canard, tirs à la carabine, auto-tamponneuse, pomme d’amour, chichis, barbe à papa…. Parfois on faisait durée la fête encore un peu, on restait le soir puis vers 23h minuit on allait aux feux d’artifices qui clôturaient la fête…..

Cette année encore c’était la fête en Normandie et j’en  garde tellement de bons souvenirs que j’y ai emmené mes enfants  et je pense que j’essaierais certainement d’être fidèle au rendez-vous tous les ans.

Ce qui a changé depuis plusieurs années c’est que mon grand-père a eu plusieurs cancers, qu’il est fatigué… mes grands-parents ont vieillis et ne peuvent plus nous recevoir comme avant, la famille s’est agrandit, des couples se sont séparés, ,des querelles ont scindées la famille, la plupart d’entre nous sont fidèles au rendez-vous on fait l’effort pour les petits, ça reste une fête, on est content d’être là …..mais c’est pas comme avant.

Pendant le défilé qui passe devant la maison de mes grands-parents, je me suis retournée plusieurs fois et j’ai vu mon grand-père sur sa chaise le regard perdu, à quoi pensait-il ? Jamais je ne lui avait vu cet air….il était ailleurs, il regardait le sol,  je suis allée le voir et il m’a dit qu’il souffrait énormément, dans tout son corps, il a des nouveaux examens à faire, il m’a dit « je ne suis pas serein », il pense a un nouveau cancer, ça me fait énormément de peine de le voir comme ça,  j’ai peur pour lui…..

Lors de notre dernière visite mes enfants étaient allées  chercher les œufs dans le poulailler avec ma grand-mère, je les ai pris en photo et ça m’a fait penser à ces photos qui trônent  dans leur salon, mon grand-père et moi qui revenons du poulailler, mon grand-père et moi cueillant des cerises dans le jardin, mon grand-père et moi revenant de je ne sais où dans la descente du garage….mon grand-père aujourd’hui a de grosses difficultés à rester debout, il est un peu en retrait, spectateur malgré lui…

J’ai peur pour lui, j’ai peur qu’il souffre, j’ai peur qu’il disparaisse….

En aparté – Des électrons libres

C’est drôle comme les membres d’une même fratrie, d’une même famille, peuvent être tout à fait différents. Un jour on quitte le nid, on vieillit,  chacun fait son chemin,   et on se rend compte que le seul point commun qu’on avait c’était de vivre sous le même toit, on se revoit et nos avis, nos opinions, notre façon de vivre divergent, parfois on se supporte, on se déchire, on s’ignore…. On peut avoir été élevé au même endroit par les mêmes personnes et ne se reconnaître ni dans ceux qui nous ont élevés ni dans ceux qui ont partagé cette éducation. Qu’est ce qui peut bien expliquer ça ?…. Il y a des familles unies où les membres se rassemblent,  se ressemblent  autour de mêmes valeurs, « des clans » et puis il y a les autres, les électrons libres….

 

 

Je le revois me tenir la main, un homme, son bleu de travail,  sa chemise à carreaux, une petite fille, une robe, une queue de cheval, des petites bottes blanches  pour traverser le terrain des moutons, c’est par la qu’on arrivait chez mon arrière-grand-mère. On passait le portail on longeait le petit chemin et nous arrivions dans cette maison normande typique, longue, blanche,  aux  poutres noires. Mon arrière-grand-mère était toute petite, on la trouvait souvent dans son jardin, jusqu’à plus de 80 ans elle avait continué à semer et récolter ses légumes,  elle avait eu huit enfants plus un, elle vivait avec  son fils adoptif (dernier)  , un vieux garçon qui vit encore dans cette maison. Mon arrière-grand-père avait-il conçu la maison pour son épouse ? les fenêtres étaient très basses typique également sans doute de ce type de maison ? je ne sais pas mais  petite,  cette maison avait pour moi  un petit côté fantastique, elle était atypique ….Mon arrière-grand-mère on me l’a décrite un peu rigide voir même un peu rugueuse, je me souviens d’un regard bienveillant,  d’un discret sourire, un peu enfantin. On s’asseyait à table, les adultes discutaient, elle m’offrait un jus d’orange et des boudoirs, peut-être des madeleines ? un parfum de fleur d’oranger me revient…. Elle avait les cheveux gris , elle les  portait en chignon , de tous petits yeux, des anneaux aux oreilles qui paraissaient pesés une tonne tant ses oreilles s’étiraient, elle portait toujours une robe sous une blouse et de larges charentaises, elle marchait voûtée, elle avait des mains de travailleuse. Les doigts croisés sur la table elle échangeait avec mon grand-père les nouvelles du jour,  journal à l’appui, ce n’était pas une grande bavarde, et c’est vrai, elle avait la parole un peu sèche même si son attitude me paraissait tout autre. Quand je me concentre j’entends encore un peu sa voix. J’attendais… je l’observais, j’observais sa maison  qui était très bien tenue mais elle avait un meuble, un buffet bas sur lequel se trouvait des piles et des piles de courrier, il en était entièrement recouvert, pourquoi est-ce qu’elle gardait tout ce courrier ? Elle n’osait pas jeter ? Quand on est enfant c’est fou ce qu’on observe ….Savait-elle que je la regardais ? savait-elle que je me souviendrais ?

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire
C’est un éclat de verre, c’est la vie, le soleil
C’est la mort, le sommeil, c’est un piège entrouvert

Un arbre millénaire, un nœud dans le bois
C’est un chien qui aboie, c’est un oiseau dans l’air
C’est un tronc qui pourrit, c’est la neige qui fond
Le mystère profond, la promesse de vie

C’est le souffle du vent au sommet des collines
C’est une vieille ruine, le vide, le néant
C’est la pie qui jacasse, c’est l’averse qui verse
Des torrents d’allégresse, ce sont les eaux de Mars

C’est le pied qui avance à pas sûr, à pas lent
C’est la main qui se tend, c’est la pierre qu’on lance
C’est un trou dans la terre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire

C’est un oiseau dans l’air, un oiseau qui se pose
Le jardin qu’on arrose, une source d’eau claire
Une écharde, un clou, c’est la fièvre qui monte
C’est un compte à bon compte, c’est un peu rien du tout

Un poisson, un geste, c’est comme du vif argent
C’est tout ce qu’on attend, c’est tout ce qui nous reste
C’est du bois, c’est un jour le bout du quai
Un alcool trafiqué, le chemin le plus court

C’est le cri d’un hibou, un corps ensommeillé
La voiture rouillée, c’est la boue, c’est la boue
Un pas, un pont, un crapaud qui croasse
C’est un chaland qui passe, c’est un bel horizon
C’est la saison des pluies, c’est la fonte des glaces
Ce sont les eaux de Mars, la promesse de vie

Une pierre, un bâton, c’est Joseph et c’est Jacques
Un serpent qui attaque, une entaille au talon
Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire

Un point, une bosse, une tâche, un cou, un geste, une aiguille, une guêpe, un coup

L’hiver qui s’efface, la fin d’une saison
C’est la neige qui fond, ce sont les eaux de Mars
La promesse de vie, le mystère profond
Ce sont les eaux de Mars dans ton cœur tout au fond

Un pas, une pierre, un chemin qui chemine
Un reste de racine, c’est un peu solitaire…

C’est l’hiver qui s’efface, la fin d’une saison
C’est la neige qui fond, ce sont les eaux de Mars
La promesse de vie, le mystère profond


Ce sont les eaux de Mars dans ton cœur tout au fond

 

Trouver les mots pour parler de la mort à des enfants de 2 ans et demi.

Parler aux enfants de la mort d’un proche n’est pas forcément facile, en tout cas ça ne le fut pas pour moi. Quand le grand-père de mes enfants est mort il y a 3 mois, je me suis tout d’abord intérrogée sur l’intérêt de leur expliquer réellement la situation. Ils avaient à peine 2 ans et demi, il ne voyait pas leur grand-père tous les jours car il était un peu loin mais ils le voyaient régulièrement,  chaque fois sur une semaine, on partageait un quotidien. Chez ma belle-mère uniquement mes enfants m’ont demandé  « il est pas là papi ? » je répondais « non il est pas là » et cette réponse semblait leur convenir, ils passaient à autre chose, reprenaient leurs jeux,ils étaient comme d’habitude alors je me disais qu’il n’était peut-être pas nécessaire de vouloir expliquer à tout prix à de si jeunes enfants une chose qui me parait bien trop abstraite pour eux : la mort et à la fois ne rien leur dire c’était bizarre…

Un peu sous la pression des « il faut leur expliquer, les enfants comprennent tout, même s’ils ne savent pas formuler », et surtout du fait qu’ils semblaient inquiets d’avoir vu leur père pleurer, je me suis lancée hésitante et maladroite, avec des doutes aussi sur ce que j’allais transmettre  « papi est au Paradis » « le paradis t’es sure ? on dirait donc qu’il existe un paradis….

J’ai opté pour Papi est parti.C’était un peu vague, je le conçois ….Et puis chez ma belle-mère ils répétaient « papi est parti, ya que mamie »  Quelque chose me gênait un peu, j’avais l’impression qu’ils pensaient que leur grand-père avait laissé leur grand-mère, je me demandais si quelque part ils n’allaient pas se dire que leur grand-père était pas sympa, qu’il avait laissé mamie….Et puis un jour aussi, alors que mon mari s’était absenté ma fille m’a dit « papa est parti, y a que maman » alors j’ai préféré reformuler….Dans leurs têtes c’était pas très clair.

Quelque chose m’inquiétait aussi un peu, ma fille me demandait, s’inquiétait 30 fois par jour de savoir si j’étais contente, si j’étais triste…Ils ont vu de nombreuses personnes pleurer je crois que ça, c’est ce qui les a le plus marqués, inquiétés.

Il y a peu de temps, on s’est assis par terre , on a pris quelques photos de leur grand-père et je leur ai dit « non, Papi  n’est pas parti, papi est mort, il ne reviendra pas, quand on est mort on revient pas mais on pourra toujours le voir sur les photos, on pourra se souvenir, tiens tu peux même lui faire un bisous là sur la photo, on pourra toujours le voir sur les photos, seulement sur les photos… »

Voilà ce qui m’a semblé être la meilleure explication, finalement il m’a fallu presque trois mois pour réussir à employer les mots justes, j’avais peur des termes que je pouvais employer, peur de faire pire que mieux….cette explication n’a donné place cette fois à aucune autres questions et je ne sais pas s’il y a un lien mais j’ai constaté que me fille avait cessé de me demander sans arrêt si j’étais contente ou triste…je ne sais pas si c’est un hasard.

Pour ma belle-mère c’est dur de penser que mes enfants vont oublier son mari, elle m’a dit qu’il fallait leur parler de lui pour qu’ils ne l’oublient pas, moi j’ai envie de les laisser oublier, ça me rend triste qu’il me demande où est leur papi…..on aura beau faire, ils ne se souviendront pas de lui,ils sont trop jeunes, ils oublieront sa  voix, sa façon de se mouvoir, de s’exprimer, leur lien, la façon dont il les faisait rire. Ils pourront l’identifier sur des photos, on leur racontera des anecdotes mais ils l’oublieront même si c’est dur à accepter…

Le retour de mes écouteurs

Je suis immergée depuis maintenant presque trois ans dans un monde enfantin,  je pensais qu’élever mes enfants ferait disparaître les dernières  traces de l’enfant qui est en moi mais au contraire je retrouve un regard enfantin sur de nombreuses petites choses, j’illustre souvent mes posts avec des chansons parce que j’ai toujours écouté beaucoup de musique, surtout variétés françaises et j’ai une mémoire pour les paroles qui étonne parfois, c’est mon truc à moi… il y a une chanson qui me vient souvent en tête quand je pense à mes enfants

« votre fille à vingt ans que le temps passe vite, Madame hier encore elle était si petite et ses premiers tourments sont vos premières rides, Madame, et vos premiers soucis.

Chacun de ses vingt ans pour vous à compter double vous connaissez déjà tout ce qu’elle découvre, vous aviez oubliez les choses qui la troublent Madame, et vous troublaient aussi… »

Cette chanson est magnifique, tellement bien écrite…

Dernièrement comme mon mari est plâtré je me suis tapée seule tous les achats de Noel et bien d’autres choses. Je ne conduis pas alors j’ai tout fait avec les transports en commun, quand j’allais travailler à Paris j’avais un peu de temps de transport, je dévorais des livres dans le rer et le métro, dès que je sortais je passais à la marche et au MP4 et je me régalais de Cali, Calogero, Delerm, Alex Beaupain, Vanessa Paradis, Zaz, Dave, Asa (à peu près seule artiste anglophone)….Je me suis éduquée avec les chansons de Goldman, Souchon  et bien d’autres . Ça me manquait un peu…Je n’ai pas réussie à ouvrir un livre depuis un peu plus de deux et demi  et je n’ai pas écouté de musique comme je le faisais avant mais  j’ai vite repris mes petites habitudes, cette semaine j’ai écouté en boucle le nouvel album de Calogero, j’adore ! De nombreuses chansons m’ont touchées mais l’une d’entre elles m’a ramené à mon enfance, « les feux d’artifice», ça m’a fait penser à mon Grand-Père qui me prenait sur ses épaules fin juin pour aller voir le feu d’artifice de la saint pierre en Normandie, je ne suis pas vraiment nostalgique mais les fêtes de Noel sont un peu propices aux souvenirs d’enfances, il m’a offert mes plus beaux, et la chanson m’a rappelé celui-ci. Si je n’ai rien à dire d’ici là ….:-)  Je vous souhaite à tous de très bonnes fêtes ! Gros bisous à tous !