Les 3 premiers mois, quand on aime on ne dort pas ! :-)

Pendant la grossesse avec mon mari on s’était beaucoup documenté, on avait lu quelques bouquins, on avait eu des témoignages (un collègue de mon mari essentiellement), on avait vu des forums, des sites, des articles sur les parents de jumeaux. Plus on se documentait et plus on avait peur, je me souviens avoir lu un article sur le net dans lequel une femme expliquait qu’elle était tellement épuisée qu’elle s’était endormie sur les toilettes. Tout le monde nous disait que ça allait être l’enfer, à la fin même ça nous agaçait, on se disait que ça pouvait pas être si difficile …
Et pourtant ce qui s’impose à moi quand je repense à cette période c’est cette fatigue immense, ce marathon, cette épreuve d’endurance. Mon mari et moi étions devenus des zombis. Nous sommes en région parisienne notre famille est en province nous n’avions personne pour nous aider.
Vous avez bien sur des femmes qui vous diront qu’avoir des jumeaux ça n’a rien de compliqué, ou que ce n’est pas plus compliqué qu’avoir des enfants d’âges rapprochés ( j’y reviendrai dans un prochain article) souvent même je ne sais pas pourquoi, elles argumentent de façon assez agressive ce point de vu. Comme si se plaindre de ces difficultés était une forme de désamour pour ses enfants.
Quand je me replonge dans cette période je pense aussi à tout ce que j’ai appris, je repense à ce premier body que j’ai enfilé maladroitement, à ce morceau de cordon dessécher qu’il fallait désinfecter, à cette inquiétude que j’avais quand ma fille ne voulait pas manger, mon fils aussi d’ailleurs n’était pas un gros mangeur, il n’avait pas perdu de poids depuis la sortie de la maternité, comme sa sœur, mais il n’en prenait pas tant que ça non plus.
La césarienne était toujours douloureuse, malgré les médicaments pour la douleur, je souffrais vraiment. Quelques jours après la sortie de la maternité, j’ai fait un abcès, la cicatrice s’est ouverte, des infirmières venaient me faire des soins à domicile.
Pour notre confort, les sages-femmes de la maternité m’avaient conseillé de caler mes enfants sur le même rythme, quand l’un des deux se réveillait je devais réveiller l’autre pour le faire manger aussi. Le problème c’est que ma fille s’alimentait toujours assez mal même après notre petit séjour à l’hôpital. Mon fils se réveillait toujours avant sa sœur et le problème c’est que quand je la réveillais elle ne voulait pas manger. J’ai donc décidé d’arrêter de vouloir les caler à tout prix, de respecter leur propre rythme, à partir de là j’ai réussi à la faire manger un peu plus , c’était plus fatiguant la nuit mais ça permettait de passer du temps avec chacun.
Mes enfants buvaient leurs biberons très lentement, c’est pendant ce petit séjour aux urgences pédiatrique que je me suis rendue compte qu’ils ne buvaient pas vraiment à une vitesse normale. J’ai vu des bébés boire leur biberon en quelques minutes, les miens buvaient leurs biberons en minimum 30 – 45 minutes. Je n’ai jamais su pourquoi…
Ils ne buvaient pas le même lait, le pédiatre leur avait prescrit un lait différent, j’ai pris l’habitude dès le départ de coller une feuille blanche sur chaque boite de lait et d’y inscrire l’heure et la quantité qu’ils avaient bu.
Pour la nuit je préparais les biberons d’avance dans le frigo, pour ne pas me tromper de lait j’utilisais des biberons de couleur différente, jaune pour mon fils, orange pour ma fille. Une nuit ou j’étais totalement dans le brouillard, je me suis trompée, je lui ai donné le lait de son frère, elle a adoré !! A partir de ce moment elle a bu ses biberons, et elle a pris du poids.
A 3 mois mon fils avait atteint le poids de 5 kg, ma fille faisait 4kg 5, concernant mon fils le médecin m’avait dit qu’à 5 kg il était physiologiquement capable de tenir toute la nuit. J’ai donc essayé une nuit de ne pas lui donner à manger mais juste de lui remettre sa tétine dans la bouche, il s’était rendormi…j’ai répété 3-4 nuit de suite et voilà mon fils faisait ses nuits. Si le médecin ne me l’avait pas suggéré je pense que ça aurait pu durer encore longtemps, peut-être pas….
Les petits ont passé leur première nuit avec nous, ensuite ils ont dormi dans leur chambre, la même, chacun dans leur lit, j’avais installé dans chaque lit une caméra et je dormais avec l’écran de contrôle, image et son. Je n’ai pas installé de tour de lit pour qu’ils puissent se voir.
Mes petits n’étaient pas tellement fusionnels, ils ne se regardaient pas. L’ostéopathe m’avait posé la question « ils se calculent ou pas ? » euh ben non ils se calculent pas. Elle m’avait expliqué que c’était assez courant, certains jumeaux s’ignorent au début, les miens ne se regardaient pas, ne se touchaient pas, voir même se repoussaient. Selon l’ostéopathe ils se faisaient la gueule…ma fille n’aurait pas apprécié la position dominante de mon fils in utéro………….bon, pourquoi pas:-)
C’est 3 premiers moi j’ai aussi dû accepter l’idée que la maternité que j’avais fantasmée depuis des années n’était pas celle que j’allais vivre (comme de nombreuses maman surement). Moi j’avais toujours imaginé ce côté fusionnel avec mon enfant. J’ai souvent pensé (au début) que mes enfants n’avait pas la chance d’un enfant singleton qui a sa maman pour lui tout seul, une maman qui lui consacre tout son temps, qui boit son biberon blottit dans ses bras et pas dans un transat parce que maman ne peut pas porter deux bébés en même temps. Aujourd’hui je suis une maman comblée et il me semble que mes enfants le sont aussi.

A suivre : comprendre ses pleurs

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